Bruissements de l’eau dans la mare du jardin, au loin la sirène en La du train impose ses passages aux arrêts, le bain sonore du premier réveil se dispute le grandiose avec le décor…

Une session pochoir s’est improvisée dans le jardin : on jettes des t-shirts sur lesquelles on viens poser des teintes arc-en-ciel… Pierre Radibaugh s’est joint à l’orgie de couleurs avec bombes et pochoirs incongrues…

Puis la machine à funk se mets en route pour une répétition dans un parc du quartier, Markey’s parc, de l’espace, vert, domestique et parfaitement calibré pour accueillir vingts quatre musiciens… en réalité bien plus puisque nous avons rendez-vous avec les jeunes Chosen Ones de Wilbert Rawlins avec qui nous préparons notamment un concert ce mardi au Carver Theater, un ancien cinéma.

Nous nous rendons à la répét’ en marching, pour la mise en jambe et par la même pour s’introduire aux voisins pour qui une bande de fanfarons qui s’agite dans la rue ne fait pas partie de l’exceptionnel mais de l’ambiance…

Quelques pas en musique, presque anodins, en réalité un instant singulier : nos premières notes poussées ensemble sous le ciel de louisiana…
Une fois arrivé au parc on se lance dans le filage des morceaux en attendant les chosen : AP Toro, Treme, Hurricane… des titres pure new-orleans uncut dont nous nous sommes emparés pour cette résidence.

Le temps de faire tourner une gogo ou deux en plus et arrive un school bus dont se déverse une douzaine de jeunes, les Chosen Ones accompagnés de Wilbert Rawlins, fondateur, animateur, chef d’orchestre.
Wilbert Rawlins vise par son action à amener les jeunes issus de certains quartiers à la réalisation de soi par la pratique musicale… Le Chosen Ones aujourd’hui accueille de plus en plus de jeunes, offrant une alternative à la violence de la rue,  et ayant  vu passer dans ses rangs certains des musiciens qui font aujourd’hui le son de NOLA come Big Sam.

TARACE BOULBA et CHOSEN ONES ont une histoire commune qui remonte à 2014, quand en France sous les soins du festival Des Villes Et Musique Du Monde, (big up à Eric) nous nous sommes partagés marching, scènes et répétitions.
Depuis nos approches communes de la musique fondée sur la pédagogie, le partage, les bienfaits sociaux et humains d’une pratique collective, ont alimenté nos collaborations en grands moments…

Le tableau constitué de 35+ musiciens en train de donner du gros funk attire le voisinage, un petit public qui va même jusque se manifester à la fin des morceaux ou amener à manger et à boire… on ne manquera pas d’ébruiter nos prochains concerts à ces new-orléanais très curieux et avides de rencontres dès qu’il s’agit de musique…

Nous travaillons par petits groupes mixant des tarace et des chosen pour se transmettre les riffs avant de filer les morceaux tous ensemble.
En plus du concert de mardi, nous travaillons les morceaux prévus pour la TV du lendemain. Wilbert Rawlings a en effet dégoté un passage sur une émission du matin de WW4 à grande audience en Louisiane, passage dont l’impact peut être conséquent pour remplir le Carver Theater où nous nous produirons au profit d’une collecte de fonds pour la Laundry Walker School.

La première répétition se terminera dans un grand tohu-bohu, la nuit est tombée, comme des insectes nous nous sommes déplacés sous la lumière orange d’un lampadaire pour s’envoyer un petit tune ou deux avant de se saluer et se donner rendez-vous le lendemain à 06H30… ça va piquer un peu mais personne ne mettra de réveil tant on est tout sur-excités d’être lancés dans cette aventure.

Stay tuned and sharp

PS : Jojo il pense à vous… dans votre froid.

 

photo : Adrien Trombonne

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